URGENCE DE TOUS VIVRE EN PAIX ET EN SÉCURITÉ
Les incidents dramatiques qui ont coûté la vie à deux hommes en pleine rue à Saint-Ouen sont insupportables.
L’Association Départementale des Élus Communistes Républicains et Citoyens de Seine-Saint-Denis et la Fédération de Seine-Saint-Denis du Parti communiste français s’associent à l’émotion des Audoniennes et des Audoniens.
Nous voulons assurer Jacqueline Rouillon, Maire de Saint-Ouen, Conseillère générale, les élus et les habitants de Saint-Ouen de notre entière solidarité. Saint-Ouen peut compter sur nous pour participer aux mobilisations nécessaires pour le droit de tous à vivre en paix et en sécurité.
Cet incident, après ceux qui ont émaillé les mois d’été en Seine-Saint-Denis, coûtant notamment la vie d’un jeune garçon, confirme que la politique du tout sécuritaire proclamée par M. Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, candidat puis Président de la République est un échec.
Pas moins de vingt lois relatives à la sécurité ont été adoptées sous son impulsion, souvent sous le coup de l’émotion légitime suscitée par tel ou tel faits divers. On le voit, ces lois sont inefficientes. Elles n’ont pas mis en échec les trafics en tous genres, les réseaux mafieux qui pourrissent la vie des quartiers et la violence qui en résulte. Il y a urgence à changer de conception des missions de la Police et du droit de tous à la sécurité.
Dans les pas de ses prédécesseurs, le ministre de l’Intérieur, reçoit sous le coup de l’émotion, maires et associations… puis, rien ne se passe.
Il y a urgence à rompre avec la démagogie et l’autoritarisme qui prévaut trop souvent en matière de Police et de sécurité intérieure. Il faut d’importants moyens supplémentaires, les effectifs de police doivent être renforcés là où c’est nécessaire, mais au-delà, le rôle de la police doit être remis à plat.
La révision générale des politiques publiques (RGPP) qui met à mal l’ensemble des services publics y compris la police avec une réduction nationale de 4000 policiers ne va pas dans ce sens.
Les stigmatisations qui visent les populations et les quartiers populaires doivent cesser. Dans un département dont furent issus deux ministres de la Ville, les actes doivent se substituer aux fausses promesses, aux espoirs déçus et à l’impuissance !
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Une attention redoublée, une prudence particulière et des moyens décuplés devraient être consacrés pour les populations et les jeunes des quartiers défavorisées qui sont les premières victimes des violences et de l’insécurité. La prévention doit être favorisée. Le rôle des parents, des associations, des adultes doit être valorisé et encouragé.
Les élus, les associations, les chercheurs, les professionnels de la justice, les travailleurs sociaux, les citoyens, les forces vives des villes et des quartiers, les enseignants et les personnels de l’éducation nationale, les jeunes, les parents doivent être entendus et associés à un vaste débat citoyen pour la reconquête du droit de vivre en paix et en sécurité dans les villes de Seine-Saint-Denis et dans tout le pays.
La répression doit quant à elle être prioritairement orientée contre ceux qui organisent les trafics, de drogues et d’armes notamment. L’impunité dont jouissent ces réseaux ne peut plus durer !
Les lois sécuritaires sont en échec : il faut changer de cap. Nous sommes disponibles pour en débattre et agir pour que respect de la loi, vivre ensemble, respect des institutions, civisme et sécurité de tous se conjuguent ensemble.
Plus largement, nous sommes convaincus que c’est toute la société qui est malade et – parce qu’elle les alimente – est incapable de résoudre les engrenages de violences que nous constatons. Il y a besoin de bâtir une perspective neuve dans notre pays, où les critères d’épanouissement humain prennent le pas sur la loi de la jungle dans les rapports sociaux !
Il y a urgence.
Bobigny –le 29 septembre 2009
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie a installé mardi, la première compagnie de sécurisation en Seine-Saint-Denis. "Un maillon nouveau dans la chaîne de sécurité voué à se développer partout où la demande s'en fera sentir".
L'avènement des compagnies de sécurisation doit "susciter l'adhésion de la population et isoler les délinquants et les fauteurs de trouble", a déclaré MAM lors d'une conférence de presse organisée mardi à la direction départementale de la sécurité publique de Bobigny.
109 fonctionnaires de police, femmes et hommes tous volontaires, ont suivi un entraînement spécifique de trois semaines. Ils seront notamment équipés de Taser et de flash-ball, et opéreront aussi bien en civil, qu'en uniforme.
"Polyvalence, réactivité, mobilité et connaissance du terrain", tels sont, selon MAM, les atouts de cette nouvelle structure qui "répond à une attente de plus en plus forte de présence de la police".
En janvier dernier, l'annonce de la création de "cet outil totalement nouveau" dont "le premier objectif est de recentrer l'action sur le terrain" a rallumé le débat sur la police de proximité, supprimée en 2002 par SARKO, MAM démentant catégoriquement tout retour en arrière.
La ministre de l'Intérieur a répété qu'elle entendait faire du 93 "un véritable laboratoire de la sécurité": 90% des missions de la nouvelle compagnie de sécurisation auront lieu dans le département, dans le cadre du plan de cohésion pour la Seine-Saint-Denis".
Outre Bobigny, dans un premier temps, les fonctionnaires se déploieront dans les communes du Raincy, de Saint-Ouen, de Villetaneuse et de Noisy-le-Sec, afin "de renforcer la cohésion sociale des quartiers". Mais, en cas d'émeutes dans d'autres régions françaises, la compagnie pourra aussi être appelée à intervenir.
Ce que je retire de tout cela, c'est :
Malgré les demandes d'effectifs de police (puisqu'il en manque et qu'on nous en retire un peu plus tous les jours) dans certaines communes du 93, dès que des postes sont pourvus, on envoie ces fonctionnaires au Raincy... (sic).
En fait de policiers "proche des gens", on a plutôt affaire à une comagnie de CRS anti-émeute comme le prouve les indications de possible interventions dans d'autres endroits que notre département...
Enfin, les syndicats de police de gauche réclament une meilleure formation pour les agents. On voit là que ces 109 fonctionnaires ont reçu eux une formation spéciale ! D'ailleurs cette formation, au regard de son contenu, est loin de répondre aux objectifs de "dialogue" et de proximité avec les habitants...
Voilà c'est fait ! Il fallait une compagnie de CRS au coeur du département, prête à intervenir en cas d'émeute des sauvageons de nos quartiers... Merci Nico, merci MAM... Avec ça, on est pas prêt de l'avoir notre cohésion sociale...
Y'a pas à dire... Les CRS ça fait de belles images !
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